Chili : les limites de l’ultralibéralisme

Editorial. Le Chili est un pays riche. Mais la privatisation de secteurs-clés pérennisé un gouffre d’inégalités qui touche y compris les classes moyennes.

Editorial du « Monde ». Présenté encore récemment par son président, Sebastian Piñera, comme une oasis de stabilité dans une Amérique latine en ébullition, le Chili est en proie, depuis le vendredi 18 octobre, à des émeutes populaires spontanées dont le ressort est évident : des inégalités sociales abyssales et la déconnexion des dirigeants politiques d’avec les réalités. Equateur, Liban, Irak… Ce scénario est à l’œuvre ces jours-ci en plusieurs points du globe. La France des « gilets jaunes » n’est pas épargnée, pas plus que la Grande-Bretagne, où le Brexit traduit pacifiquement une profonde grogne sociale.

Mais le contexte chilien est bien spécifique : l’ultralibéralisme qui domine la gestion de l’économie et de la société n’y a pratiquement pas été remis en cause depuis la fin de la dictature Pinochet (1973-1990). La privatisation de secteurs-clés comme la santé, l’éducation, les transports et l’eau a généré et pérennise un gouffre d’inégalités qui touche y compris les classes moyennes.

Les remboursements de santé par des assurances privées sont minimes et seule une petite minorité des Chiliens bénéficie d’hôpitaux privés de qualité. Les étudiants s’endettent sur des décennies pour financer leurs études dans des universités privées, et le système de retraite par capitalisation conjugue cotisations exorbitantes et pensions dérisoires.

Au Chili, « il n’y a plus d’espoir que le modèle néolibéral de développement porte ses fruits »

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