Accueil Condition animale Cocorico! Le tourisme français n’a pas la civilité du voyage cocardier

Cocorico! Le tourisme français n’a pas la civilité du voyage cocardier

Corinne Fesseau, une habitante de l’île d’Oléron, possède un jeune coq, baptisé Maurice. Le chant matinal du volatile est à l’origine d’un conflit entre Corinne et un couple qui possède une maison de vacances juste à côté de l’enclos. Les plaignants exigent le départ du coq. Sa propriétaire est convoqué au tribunal d’instance de Rochefort.


Cocorico! Le tourisme français n’a pas la civilité du voyage cocardier.

Depuis quelques temps déjà, les manifestants en furie jaune ne sont pas les seuls à «avoir droit» en masse à des procédures judiciaires imbéciles et délirantes.
Les animaux domestiques ou sauvages profitent aussi du mouvement débilissime de judiciarisation contre le moindre cocorico dès qu’un gallinacé caquette.
De même, les cloches des petits villages ne sonnent plus, ainsi que celles autour des cous des bovins ou même des ovins qui n’ont plus droit à la douce transhumance traditionnelle pour paître librement.
Nos compagnons quadrupèdes (de même que la volaille) doivent donc rester enfermés dans des camps de concentration tout silencieux et verrouillés pour préserver l’acuité sonore ou l’odorat des délicats envahisseurs aspirant en la cité-dortoir idéale.
Heureusement, pour nos «rurbains» sur le tard, que les oiseaux disparaissent en nombre avec les insectes car cela rend la désertification de l’environnement plus calme et plus paisible…
Les vroums-vroums des grosses bagnoles, trop encombrantes pour les ruelles étroites de nos hameaux, gênent pourtant beaucoup moins les oreilles de leurs propriétaires en vaine recherche de villégiature bucolique pour carte postale.
Les nouveaux barbares «civilisés» aiment la verdure et les bestioles à condition de pouvoir regarder les shows télévisés «jusqu’à pas d’heure» ou d’avoir le droit de jouer aux jeux vidéos dans le calme.

La France s’abrutit sous la férule des petits-bourgeois citadins qui propagent leurs idées de «bien-être» consumériste jusque dans la campagne «périphérique».
On se souvient de cette pitoyable histoire à Grignols où même la Cour de Cassation en décembre 2017 a exigé qu’un couple (soutenu néanmoins par toute la commune) rebouche, à ses frais et sous menace d’amendes mirobolantes, la mare des Pecheras (du nom dudit couple) pourtant fréquentée par pas moins de cinq espèces de grenouilles rarissimes et protégées par la réglementation européenne supérieure au droit français. De plus, si les menacés de sanctions pénales s’exécutaient, ils auraient été aussi sans doute condamnés pour entrave au Code de l’Environnement qui interdit de détruire le cadre d’une espèce protégée…
Cette absurdité juridique eut lieu suite à la plainte de voisins parvenus et argentés.
Ces derniers étaient des citadins arrivistes et bobos qui ne venaient dans leur villa contiguë au terrain marécageux que quelques dimanches dans l’année et ne parlaient à personne car ils se prenaient pour les monarques absolus du domaine.
Pour ces gens, vivre à la campagne était écologiste et convivial, mais eux ne l’étaient que d’une façon purement touristique comme Pascal Canfin et De Rugy…
Depuis leur glorieuse croisade contre les batraciens, ils ne sont plus les bienvenus parmi la communauté villageoise qui ne comprend pas ledit «amour de la nature» à la façon des mégapoles.
La justice européenne doit encore se prononcer pour mettre fin à ce scandale de bêtise prétentieuse et contraire à la préservation de la faune menacée.
De son côté d’Oléron, notre coq trop enjoué rien qu’à glousser, ici défendu par l’article joint, devra-t-il aussi se taire et ensuite se noyer dans une sauce au vin pour apaiser la faim des plaignants coupés de la réalité rurale.
Le confort urbain (dont je profite moi-même par sociologie contrainte) rend parfois bien bête, l’importer sans mesure ni patience à la campagne n’y amène jamais que plus de stupidité incivile due à l’arrogance trop commune chez qui se croit «intellectuellement supérieur».

Les souris des villes dévorent celles de la campagne bien mieux que les chats ruraux…

Patrice Leroux

source : https://www.ladepeche.fr/2019/05/13/ile-doleron-parce-quil-gene-des-touristes-le-coq-maurice-aura-un-proces-pour-nuisances-sonores


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