Accueil Politique Comprendre le conflit entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan en 4 questions

Comprendre le conflit entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan en 4 questions

Affrontements. Les deux pays se font la guerre autour d’une région majoritairement arménienne ayant proclamé son indépendance à la chute de l’URSS en 1991.

Depuis le 27 septembre, la situation militaire entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan ne cesse de se détériorer. Une situation qui laisse craindre une nouvelle guerre après plusieurs décennies de tensions dans le Haut-Karabakh. On vous explique la situation.

Quelles sont les origines du conflit ?

En 1988, la population arménienne du Haut-Karabagh (territoire azerbaïdjanais) réclame son indépendance. Un million de personnes défilent à Erevan afin de revendiquer le rapprochement de la région avec l’Arménie. L’Azerbaïdjan s’y oppose et marque le début de la guerre entre les deux pays. Un conflit armé qui va durer six ans, jusqu’à un cessez-le-feu en 1994 après un bilan de plus de 30.000 morts.

Après cette guerre, l’Arménie remporte 20 % du territoire de l’Azerbaïdjan, dont la fameuse région du Haut-Karabakh. L’Azerbaïdjan n’a jamais accepté cette décision et depuis de nombreuses tensions éclatent périodiquement entre les deux états.

Carte du conflit entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan
Le Nagorno–Karabakh se situe au sein des frontières officielles de l’Azerbaïdjan

Il se passe quoi depuis le 27 septembre ?

Le conflit actuel a pris des proportions que l’on n’avait plus connues depuis longtemps. En juillet 2020, des affrontements avaient déjà éclaté, causant la mort de 17 personnes, dont 12 militaires et un civil azerbaïdjanais et 4 soldats arméniens.

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La tension était descendue à la fin de l’été, mais cela n’a pas empêché une augmentation des attaques frontalières à partir de début septembre.

Concernant la reprise de ces hostilités, les deux parties se rejettent la responsabilité, selon le ministère arménien des Affaires étrangères, la partie azerbaïdjanaise a procédé à de violents tirs d’artillerie le 27 septembre en prenant pour cible des civils. Le ministère azerbaïdjanais de la Défense a quant à lui déclaré que ce sont les forces militaires arméniennes qui ont procédé à des tirs sur les positions de l’armée azerbaïdjanaise.

L’Arménie et l’Azerbaïdjan ont tous deux décrété l’état d’urgence.

Et les Turcs dans tout ça ?

Ankara a exprimé un soutien total à son allié azerbaïdjanais. Le déclenchement des combats peut d’ailleurs s’expliquer par l’influence de la Turquie. « Après les interventions en Syrie et en Libye, les Turcs veulent ouvrir un troisième front dans le Caucase pour étendre leur influence. Leur stratégie est simple : dégrader la situation locale pour avancer leurs pions et peser dans le jeu régional », a expliqué Gaïdz Minassian (spécialistes du Caucase) à nos confrères du Parisien.

L’organisation syrienne des droits de l’homme a indiqué la présence sur la ligne de front de mercenaires syriens envoyés par la Turquie en Azerbaïdjan. Ces combattants, issus de milices syriennes rebelles, sont financés par les autorités turques. Alors que la situation est désormais plus calme en Syrie, le président Erdogan les emploie comme mercenaire pour défendre ses intérêts en Libye, et désormais dans le Caucase.

Des instructeurs turcs sont également chargés de former les militaires azerbaïdjanais.

Et la Russie ?

Historiquement lié avec l’Arménie, le conflit entre les deux pays place la Russie dans une situation difficile. Alliée des deux états, elle demande un cessez-le-feu immédiat, sans vouloir prendre parti.

Selon Gaïdz Minassian, la Russie cherche à stabiliser la région sans choisir un camp, tout en faisant comprendre à la Turquie qu’elle ne laissera pas des milices à tendances djihadistes prendre pied dans le Caucase.

Rappelons qu’elle avait déjà joué un double rôle lors de la guerre du Haut-Karabagh entre 1988 et 1994, les deux pays avaient accusé l’armée russe de favoritisme.

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