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Fahrenheit 9/11 : Quand l’archange Michael Moore prophétisa la victoire Donald le trompeur

Une chronique de Patrice Leroux


Bien pire que le Malin, triomphait la bêtise.

Celle-ci n’étaye nul argument mais vocifère.

Ils furent marris, leur assurance devint misère :

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Ces « progressistes » étaient si sûrs, loin des surprises.

L’arrogance des « sages » sert celle des idiots d’en face.

Que faire pour gagner le cœur des fiers électeurs ?

Leur conter des boniments ou dédire leurs peurs ?

Là, sans programme clair, « notre camp » perdit la place.

Voici le lot des démocrates trop endormis,

Par leur certitude de remporter la coupe,

Entre mirage et orgueil, ils battirent leur coulpe :

Laquelle, présidentielle, n’est qu’une triste perfidie.

Michael vit le danger d’être trop sûr de soi,

Il prévint les illustres meneurs qu’il aimait.

Tel le loup des contes d’enfance qui effrayaient,

Le danger s’approchait, tapi au fond des bois.

Les ânes le dirent trop bête mais il était La Bête.

L’ogre jouait de leurs moqueries puis ria des sots.

Car derrière ses bévues, se cachait une vraie tête.

Moins naïf que ses discours, Trump

rallia les votes

Des suprémacistes dépassés par l’Ère moderne.

Ces monstres votèrent pour lui, tout droits dans leurs bottes.

C’est ainsi : l’improbable se fit certitude.

Cro-Magnon était de retour, plein d’avenir.

La trompe de Donald gagnait en vile quiétude.

Place au bilan de la faillite politique pour ceux, trop aveuglés par leur orgueil surdimensionné, qui croyaient triompher sans peine – la comptabilité aride est réalisée sans concession par l’icône préférée de l’agit-prop américaine au cinéma.

D’abord, pour ce qui est du joyeux personnage, combattant infatigable contre l’injustice en tout genre :

Michael Moore, son prénom se dit Michel en Français ; quant à son nom de famille, on ne sait pas vraiment s’il signifie « fier », « maure » ou « bruyère » tant l’étymologie est incertaine.

Ce qui est sûr, c’est que ledit trublion avait parfaitement envisagé la victoire du Beauf ultime en 2016 pour accaparer le poste de Président des États-Unis d’Amérique, tout en justifiant les raisons de l’inattendu naufrage de la « candidate du Bien et du Progrès » ; le sinistre atterrant est vertement établi par notre ami malgré sa propre aversion, si profonde et si bouleversante, envers l’infect personnage à la fameuse perruque rousse.

Expliquer n’est ni soutenir ni excuser, c’est même en son cas précis tout le contraire.

En effet, le « camp de la Raison » a échoué pour de bien tristes raisons.

Ensuite, donc, son analyse de l’échec ahurissant des caciques enracinés à la tête du Parti démocrate, face au clown grotesque qu’est Donald Trump :

Jusqu’au dernier jour du barnum médiatique hors de prix qu’est le scrutin présidentiel outre-Atlantique, Hillary Clinton et ses alliés étaient si sûrs de la victoire prochaine qu’ils en étaient devenus paresseux et négligents vis-à-vis des électeurs défavorisés – lesquels, désenchantés et parfois même exsangues en fortune ou en santé, étaient durant leur âpre quotidien confrontés au chômage de masse, au laisser-faire dogmatique et à l’absence de pitié du système social américain.

Pour leur malheur, L’État-providence, déjà malingre là-bas, continuait d’être désossé par tous les politiciens professionnels des deux factions partisanes, en échange de parachutes dorés dans le secteur privé, une fois terminée ou suspendue leur carrière publique de pure circonstance.

Pour les prétendues têtes pensantes, tirées à quatre épingles et qui conseillaient la candidate « surdouée », les électeurs pauvres n’existaient plus. Les statistiques à foison, qu’ils nous exhibaient sans gêne sur l’état du pays, représentaient un véritable conte de fées au plus près du paradis sur terre…

Dans leur perspective enchantée, seules comptaient les multinationales qui subventionnaient avec outrances la galerie marchande des « Clinton et compagnie », dans l’espoir logique de fructueux retours sur leurs « investissements » dispendieux…

Sans contenu franc et défini, les slogans politiques du « parti de l’Âne » n’étaient plus présentement que vainement publicitaires : la superstar Barack Obama et son épouse resplendissante, bientôt en pleine retraite dorée, n’avaient ainsi laissé que leurs sourires parfaits (avec des dents impeccablement blanchies au dentifrice de luxe) pour seul héritage télévisuel…

Comment les démocrates pouvaient-ils bien perdre avec un aussi sublime marketing, surtout quand, pour leur part grotesque, les républicains se comportaient comme des débiles profonds devant les caméras ?

Oui… Devinez…

De plus, on apprend avec stupeur dans le documentaire de Michael Moore, preuves incontestables à l’appui, comment les élections internes des délégués au Parti démocrates ont été grossièrement truquées – en réalité, Bernie Sanders aurait dû largement l’emporter face à sa rivale, favorite seulement auprès des milieux d’affaires : même le milliardaire Trump passait alors loin derrière elle dans le cœur cupide et avaricieux des plus riches.

Contrairement à ce que nous racontaient en continu les médias sirupeux du monde entier, la Dame, hautaine et narcissique, était sublimement détestée par sa propre base militante ; ceci alimentait contre elle les théories complotistes les plus improbables jusqu’à l’immonde : finalement, il n’y avait guère besoin des « méchants » Russes et de leurs terribles piratages informatiques pour faire dire n’importe quoi aux réseaux sociaux, en vérité…

À gauche (même très modérée…), le dégoût latent et traditionnel des militants de base du Parti démocrate envers leurs « représentants naturels », qui ne cachaient plus un odieux mépris de classe, s’est donc mué en haine viscérale contre cet « ESTABLISHMENT », confortablement isolé dans sa tour d’ivoire à Washington ; Ce monde clôt et quasiment incestueux, qui est composé de banquiers autant que de médiacrates surpayés et qui constitue l’actuel groupe de soutien pour l’insipide Joe Biden contre ses concurrents à peine gauchistes (dont une nouvelle fois Bernie Sanders, « étrangement défait » en interne…), est encore issu presque exclusivement des beaux quartiers de la Côte Est, avec la sublime Boston en tête.

De leur côté ensoleillé autant que mirifique, Hollywood et son gratin aux alouettes soutiennent donc le « vrai candidat tombé du Delaware céleste » d’assez loin avec un dilettantisme narcissique, malgré le faux miroir des écrans numériques qui nous crèvent chaque jour les mirettes.

Désormais, l’élégance militante des élites autoproclamées n’est plus qu’un tissu de mensonges et d’illusions.

En conséquence malheureuse, l’abandon des classes ouvrières et moyennes par « l’aristocratie » du camp progressiste (comme l’ont d’ailleurs fait sans gêne les sociodémocrates en Europe) favorisa le report de leurs votes vers l’extrême droite ou tout du moins vers la droite extrême (ce n’est pas vraiment pareil, paraît-il…). Médusés, nous vîmes le triste résultat de la brillante stratégie de campagne, lors de la gueule de bois finale en direct que montrèrent les caboches fermées des hobereaux « démocrates » : les hiérarques eurent droit à une terrible indigestion en guise du gueuleton de fête tant attendu.

À l’inverse, les Républicains et leur gros ours de candidat n’en revenaient pas eux-mêmes et semblaient prier tout ahuris sous la terreur d’avoir gagné contre le sort voire contre la Providence divine – Vainqueur grâce à un système d’élection indirecte très contestable, le « parti de l’Éléphant » barrissait pourtant de désespoir la trompe entre les jambes : on n’avait jamais vu cela !

La réitération de la chose incroyable semble certes peu probable en novembre 2020, tant le si vulgaire Donald Trump est déconsidéré, suite à sa magistrale incompétence à assumer la fonction suprême, mais l’exemple historique est désormais acquis pour les échéances électorales futures.

C’est déjà arrivé une première fois avec le sous-doué Bush Junior, une deuxième avec l’Autre, il ne manque plus que la troisième…

En conclusion bien amère, vouloir séduire un électorat en s’alignant toujours vers un Centre aussi mou que fadasse, prétendument rassurant et par là même rassembleur, c’est risquer de se laisser envoûter par un vide idéologique – lequel entraîne fatalement un jour la fuite massive desdits suffrages escomptés vers l’abstention ou pire, au profit de l’Ennemi, qui séduira les égarés déçus par la glose lénifiante des Bien-pensants grâce son soi-disant « franc-parler populaire » :

Ce second discours se révèle être un salmigondis rhétorique certes « accessible sans réflexion personnelle » mais empli de préjugés sexistes et racistes, qui ne sont pas forcément que sous-entendus.

Ainsi, l’argumentation construite cède la place à la vocifération et l’art oratoire de la politique meurt lors d’une triste cérémonie collective où fleurissent la haine, la grossièreté et la vulgarité.

Pour réussir, un candidat ne peut ignorer les mouvements sociaux, s’il se dit simplement libéral au sens politique (rien à voir avec l’ultralibéralisme économique qu’on nous serine entre deux plans de licenciements économiques…) voire s’il est sincèrement de gauche.

En effet, cet « oubli malencontreux » a de terribles implications sur le plan électoral, avec la montée desdits « populismes illibéraux » comme en Europe centrale et orientale depuis quinze ans et peut-être bientôt chez nous plus à l’ouest, qui sait ?

En France, par exemple, le second tour des présidentielles de 2022 risque d’être encore un non-choix (selon le triste exemple de celles de 2017) entre le divin marché à tous crins soutenu par les matraquages policiers et un gras nationalisme bas du front prestement secondé par les bottes militaires.

En bref, à nouveau, un vrai bonheur s’annonce pour les citoyens suicidaires ou plus sobrement maniacodépressifs…

C’est un fait désespérant mais assurément convenu : l’avenir tend à s’assombrir pour nos démocraties vieillissantes ; espérons avec une naïveté à peine retenue qu’elles sachent encore entretenir leur antique vigueur et leur fragile jeunesse.

Cependant, le renouvellement dans le bon sens au sein de notre représentation politique est évidemment toujours possible, puisqu’il n’y a pas que des échecs pitoyables à relever dans la terrible course sans but de l’Histoire. Ainsi, la déprime habituelle s’oublie vite et se suspend parfois pendant quelques éphémères moments de grâce, comme lors de la chute du Rideau de fer et de la destruction à coups de marteau du Mur de Berlin par toute une population en liesse – Lesquels furent ensemble hypnotiques à contempler et s’accomplirent presque religieusement sans la moindre effusion de sang !

Moquant une fameuse formule de Ronald Reagan contre l’Union soviétique tout en méditant sur ces événements magiques pendant un de ses « one man shows » à succès, Michael Moore avait même dit (pour critiquer le capitalisme inhumain et triomphant qui suivit ces faits historiques de trop près) :

« Un Empire du mal est tombé, l’autre doit suivre ! »

Ladite sentence parodique n’a jamais été reprise par Hillary Clinton ni par aucun autre grand ponte du Parti démocrate, mis à part Bernie Sanders, bien sûr. Guère surprenant…

Pour finir le propos : voici donc deux rappels pour nous souvenir d’être prudents et attentifs à l’entraide civique au sein de notre communauté politique. Tout d’abord, une bande-annonce du documentaire salvateur qu’est Fahrenheit 9/11 puis un article numérique du Monde à propos dudit film et de son réalisateur libertaire.

Et pour sucrer le tout, telle une cerise griotte sur le délicieux gâteau, voici une petite citation de Bernie Sanders qui aurait dû être glorieusement élu en 2016, si l’élite corrompue de son parti n’avait pas triché avec tant de vilenies pour l’en empêcher, par peur irraisonnée (ou sans doute plutôt intéressée…) du « socialisme » :

« Tout ce qui nous effrayait du communisme – perdre nos maisons, nos épargnes et être forcé de travailler pour un salaire minable sans avoir de pouvoir politique – s’est réalisé grâce au capitalisme. »

Bernie Sanders

Allez donc visionner ou lire l’un des deux raccourcis internet et, si vous le pouvez, savourez de vos prunelles le long métrage concerné par la suite :

Premièrement, la bande-annonce de Fahrenheit 9/11 sur YouTube :

https://youtu.be/7oG4tWM4MQU

Deuxièmement, Le Monde en sa version numérique :

« Fahrenheit 9/11 » : Donald Trump dans le viseur de Michael Moore »

https://www.lemonde.fr/cinema/article/2018/10/31/fahrenheit-11-9-donald-trump-dans-le-viseur-de-michael-moore_5376892_3476.html

Par Patrice Leroux

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