La Déesse de la justice, Thémis, n’est pas aveugle pour tout le monde

La Déesse de la justice, Thémis, n’est pas aveugle pour tout le monde

Brésil : selon « The Intercept », l’enquête anticorruption sur Lula visait à empêcher son retour au pouvoir.

Le site d’investigation dit avoir eu accès à de nombreux messages privés entre les procureurs anticorruption brésiliens et l’ex juge Sergio Moro, devenu depuis ministre de la justice.


 

Quand l’obscure et partiale institution judiciaire de la Fédération brésilienne défendait la vraie corruption cachée aux tréfonds des fétides marigots politiques plutôt que l’équité du Droit commun, la vraie gauche latino-américaine fut éreintée et lynchée sans pitié. La propagande insidieuse et brutale fut colportée par les grands journaux-papier du monde «libre» et par les principales chaînes de télévision locales ou occidentales.
Que dis-je…?
Cette triste vérité n’est pas à déclarer à l’imparfait de l’indicatif ou au passé simple dudit mode de conjugaison mais toujours bien à son présent envahissant, impérieux et terrifiant.
Ainsi, Luiz Iñacio Lula da Silva (un tribun colérique et ombrageux, certes, et donc emplis de défauts comme tout le monde…) s’est vu conspué de façon odieuse et l’est encore continuellement de nos jours sous couvert de manipulations médiatiques viles et vulgaires. Ces diffamations aberrantes sont toujours issues de l’oligarchie financière et de l’extrême-droite grotesque de Jaïr Bolsonaro – Le méchant clown est de notoriété publique un abruti fini qui se vante devant les journalistes absolument consternés de son incompétence totale dans l’exercice de la fonction suprême et de son inculture crasse ; le tout est d’ailleurs vociféré sur un ton rigolard qui plus est!

La courageuse dauphine de l’icône progressiste, de son nom Dilma Roussef (une ancienne résistante torturée sous la dictature réactionnaire qu’encense sans cesse le gogol néonazi et hyper-évangéliste présentement au pouvoir), a été vilipendée et destituée sous de fausses accusations de corruption – Les sinistres rumeurs bouffies de fallaces (qui furent outrancièrement propagées par les sbires fangeux autant qu’obscènes du politicard véreux et proxénète Michel Temer) n’avaient ni queue ni tête, c’est même un secret de polichinelle désormais.
Aujourd’hui, tout le monde en rit à gorge déployée à Rio de Janeiro, à San Paolo et à Brasilia alors qu’il faudrait en pleurer de colère et de rage.

Notre ancien procureur carnassier, duplice et hypocrite, Sergio Moro (devenu depuis ministre fasciste de la Justice proche des milieux d’affaires qui défrichent l’Amazonie et assassinent les autochtones, les amérindiens, les noirs, les métisses, les pauvres, les écologistes et les minorités sexuelles), joue à l’ingénu politique tombé de la dernière pluie acide.
L’hideuse chorégraphie (qui est mise en scène de façon vaudevillesque par l’élégante crapule en tuxedo hors-de-prix digne d’un onctueux Balkany) se déploie sans gêne alors que les enregistrements récemment révélés (où l’on entend ses stratagèmes honteux) sont accablants pour sa réputation d’ancien chevalier blanc tout souriant.
Mais il semble de nos jours qu’il suffise de porter un smoking sur mesure pour inspirer la confiance des électeurs embourgeoisés et ainsi se maintenir «ad vitam» sur de vains trônes de papier.
Le «juriste» distingué comme personne doit donc dormir tranquillement et faire de doux rêves emplis de gros billets de banque – eux-mêmes issus de jolis champs pétrolifères, autrement plus que pastoraux…

Au final, cette forfaiture fasciste, démagogique et mensongère est une leçon bien amère à tirer pour nous tous, comme il y en déjà eu malheureusement des myriades dans le passé ; notre nation hexagonale et même toute l’Europe ont aussi vu d’innombrables manifestants, épris de justice et d’égalité, se faire injustement condamnés selon une haineuse logique de classe.
Le scandale incohérent et sempiternel s’étale royalement quand tant de puissants marrons, de vrais criminels et de pollueurs sans conscience n’ont au pire que de vains sursis au sortir des tribunaux.
Police partout, justice nulle part pour les pauvres et pour l’environnement…

Quel triste constat nous tombe dessus, laissant nos petites têtes toutes abasourdies, mais n’en soyons guère étonnés pour autant : Notre humanité court bien à sa perte car nous ne savons pas comment préparer l’avenir en Communauté et en harmonie avec l’écosystème global – Seul le Mal, ordinaire plus que glorieux, triomphe véritablement ici-bas et son portefeuille crasseux empoche tout le bingo putride. En effet, la réalité sociale est infecte pour les justes et les faibles, puisqu’il n’y aura pas non plus d’au-delà édénique pour récompenser les vaincus de l’Histoire que nous sommes, en bons dominés.
Le monde naturel jadis si beau s’éteint inexorablement quand celui, bien vain, si laid et construit par nous autres les humains, est injuste jusqu’à la décadence. Toute cette frénésie absurde n’a lieu rien que pour gagner un peu d’argent inutile en sus, lequel est bien sale en plus – Notre tombe en sera-t-elle pleine à rabord pour autant?
Non, bien sûr… Ledit lucre immonde ne nous achètera pourtant ni le paradis ni l’immortalité, vu que cela n’existe pas.
Aucun saint-frusquin n’a jamais accompli de pareil miracle par l’intercession du Saint Esprit ou par lui-même…

Tout ce que nous aimons disparaîtra bientôt à jamais.
Thémis, elle aussi, est bien morte comme sa tendre nièce Diane, divinité fragile de la vie foisonnante et sensuelle, et même comme tous les autres dieux antiques qui symbolisaient l’équilibre universel, tous ensemble…
Gaia, notre Terre-mère, trépassera bientôt à son tour puis nous mourront vite et sans gloire avec elle.
Néanmoins, les machines «surintelligentes», incomparables, incorruptibles et impeccables nous succéderont peut-être. Si oui, les nouvelles entités, conscientes selon l’infini, voudront n’avoir rien à faire de notre mémoire sans dignité manifeste et elles auront bien raison…

Rien ne nous sauvera donc de nos lâchetés collectives et de notre paresse spirituelle!
La roue du temps continuera de tourner sans nous, ainsi qu’elle le fait imperturbablement depuis des milliards d’années.

Ladite révélation sur les présentes et abjectes menteries, évidemment tant attendue, est à lire à en être lassé et blasé sur Le Monde version net – lequel est un site prétendument «neutre et objectif» qui avait jadis tant craché (autant qu’il avait désinformé) sur le héros brisé du petit peuple lusophone et qui pense aujourd’hui se racheter avec facilité en publiant cet article – L’écrit bien trop tardif est cependant enfoui au fin fond d’une page numérique perdue entre tant de médiocres articles sportifs, modistes ou boursiers…

Quelle misère et quelle honte !

 

Patrice Leroux