Le «miracle grec» : une défaite «cinglante» avec près d’un tiers des voix…

On nous annonçait un désastre électoral sans précédent pour le «parjure» Alexis Tsipras et un retour triomphal de la droite classique.
Néanmoins, malgré les jubilations eurobéates des médiacrates oligarchiques à la Jean Quatremer (de son vrai nom Cédric Thomas), ce n’est pas tout à fait ce qui s’est passé.
Certes, Syriza a bel et bien perdu mais avec un score à faire pâlir d’envie les premiers de la classe en Europe du nord, 31,5%!
N’oublions pas que LAREM a dernièrement crié victoire avec arrogance pour un résultat moyen de 20%, sans qu’il y ait d’opposition unie et en raison d’une abstention importante. Sans compter l’aide en odieuse propagande des principales chaînes de radio et de télévision détenues par des milliardaires, les groupies habituelles du Dauphin…

Et encore…
Cette étrange défaite pour l’Hellade a lieu après des années de «pouvoir» douloureuses et usantes comme sous une occupation militaire car L’Allemagne impérieuse de Merkel et sa bonniche, la France déclassée du minable Nullande, ont été sans pitié pour l’expérience politique alternative.
En effet, le bilan est honteux mais il l’est surtout pour nous autres qui avons élu des gouvernements qui ont écrasé un pays membre de plein droit à l’Union monétaire. Certes, Alexis Tsipras a renoncé à nombre de ses réformes mais avait-il vraiment le choix quand son propre peuple voulait rester dans un euro mal conçu, quitte à devoir manger seulement de l’herbe et des cailloux?
À l’unisson, nous l’avons traité de «TRAÎTRE» quand notre président Nullande méritait tout autant ce surnom, voire bien plus ; les hellènes, qui avaient d’abord cru reconnaître un ami sincère en notre indolent chanoine de Tulle, l’ont d’ailleurs ensuite surnommé «προδότης», ce qui signifie exactement la même chose dans leur antique langue de philosophes.
Nullande Prodotès, un sobriquet qui lui va si bien…

En réalité empreinte d’amertume et de colère, durant la mandature «gauchiste mais modérée», la Grèce était en guerre à la fois contre sa propre «élite» hyper-défiscalisée et contre ses «alliés» européens, c’est-à-dire nos classes dirigeantes occidentales – Lesquelles sont totalement possédées par ce qu’elles possèdent : l’argent.
Malgré l’ineptie abjecte d’un «protectorat des banksters», personne parmi nos piètres représentants n’a osé renverser la vapeur de l’injuste locomotive austéritaire ; le train de la désunion relativise donc grandement les importants reculs du gouvernement grec – Lequel n’a absolument pas la puissance de l’Allemagne, de la France et de leurs satellites géostratégiques tous ensemble. C’est si beau d’être sincèrement unis pour une «noble et belle» cause : sauvegarder la caste cupide des rentiers internationaux…
Ainsi, la capitulation était effectivement abominable mais elle était aussi sans doute très largement inévitable pour un état si petit et si faible face aux odieux mastodontes financiers et géopolitiques.

A contrario, malgré toutes les plaies d’Egypte qui lui sont tombées dessus, le parti de Tsipras ne s’effondre pas, très loin de là…
En un sens, si on ajoute les voix des autres partis de gauche au gros score de Syriza, aussi bien celui de Varoufakis que celui du PASOK ou même du PC, on se rend compte que les forces progressistes sont encore largement majoritaires dans la population.
Cela explique l’air ultra-pincé du chef de la Nouvelle Démocratie devant les caméras interloquées, ce dimanche soir ; le parti de droite classique est très mal à l’aise avec cette victoire «de justesse» malgré ses confortables 39%, puisqu’il n’y a pas de parti allié pour assurer son assise politique à long terme. Kyriakos Mitsotakis, l’apprenti chef d’Etat par intérim, n’a ainsi aucune réserve de voix disponibles, contrairement à la nouvelle opposition qui ne lui fera aucun cadeau au Parlement d’Athènes.
En réalité bien ambiguë, la récente conquête de la péninsule balkanique et de ses archipels méditerranéens a déjà un parfum de grosse défaite électorale dans un futur assez proche.

De toute façon, les autres droites ordolibérales du Vieux Continent ont déjà copieusement douché les quelques «espoirs» formulés en vaines promesses par le nouveau premier ministre en plein bizutage.
Pour se préserver des déconvenues prochaines, si tragiquement probables, le représentant inquiet des quelques richards restés sur place (au lieu de choisir un doux exil panaméen comme la majorité des nantis) voulait, avec logique autant qu’avec raison, baisser l’obligation délirante des 3,5% d’excédent budgétaire exigés par la Troïka (une hydre composée des ogres irresponsables que sont la Commission de Bruxelles, le FMI et la BCE).
Pour rafraîchir ses ardeurs de parvenu sans atout à la table de poker menteur qu’est la zone euro, ses comparses gouvernementaux, pour une fois «solidaires», lui ont envoyé une réponse des plus claires comme s’ils étaient un seul homme : elle ne consiste pas en un «Non» délicatement argumenté à la française mais plutôt en un «Nein» autrement plus puissant et franc du collier.

Selon toute vraisemblance, la nouvelle législature hellénique s’annonce donc plus temporaire qu’il n’y paraît. La nouvelle majorité «conservatrice» n’arbore donc aucun sourire excessif aux lèvres car le temps n’est pas à la joie arrogante. Sa marraine par entremises obscures, la déclinante Angela Merkel, n’y pourra rien malgré les menaces de vile sorcière.
Par conséquent, l’Europe teutonne se meurt (trop) lentement dans le déshonneur à avoir voulu tuer la démocratie grecque pour grappiller trois sous!
Eh oui! Trépasser définitivement demande seulement du temps, même si le Brexit exubérant n’a pas eu la patience…

En bilan comptable de la révolution manquée, c’est mi-figue mi-raisin pour la patrie de la féta à l’huile d’olive parfumée.
Malgré les grandes espérances qui l’ont portée, la gouvernance de gauche a dû se dédire sous la terrible pression extérieure et a perdu au final. Cependant, un échec aussi patent n’a pas désempli les cohortes de sympathisants dans le camp alternatif à l’oppression ultra-libérale.
Pour illustrer cette constatation a priori étonnante, Tsipras a même été ovationné à la sortie des urnes par un public pourtant non-militant ; pareil spectacle nous semble hallucinant de par chez nous.
Manuel Valls, un authentique exemple de traître sans vergogne ni remord, en serait jaloux!
Sans conteste, notre ancien révolutionnaire grec a vite abandonné nombre de ses engagements mais ce n’est rien comparé aux forfaitures de nos représentants gaulois – Lesquels n’ont pas d’autre idéal que de se maintenir en perpétuant le système actuel.

En conséquence, balayons un peu devant notre porte d’ancienne grande puissance en pleine déliquescence car nos résultats électoraux ne sont guère glorieux.
Comment être fiers d’avoir un banquier d’affaires douteuses comme occupant d’un trône de vanité alors que tout se décide dans les quartiers financiers de Berlin? Sans compter que les directives teutonnes nous sont envoyées par courriel sans la moindre amabilité diplomatique, c’est à croire que nous ne sommes plus gouvernés que par des laquais.
Avoir une belle livrée en guise de veston de coursier ne change rien au fait que nos élus dociles des traditionnels «partis de gouvernement» ne sont plus que les domestiques serviles du grand patronat allemand, avant même d’être français…
Place donc à l’introspection et à la modestie, en premier lieu, pour pouvoir mieux juger les vaincus dans un second et dernier temps.
Cependant, voici une dernière question bouffie d’angoisse pour conclure ladite problématique :
Sommes-nous vraiment les vainqueurs?

γνῶθι σεαυτόν – connais toi toi-même.

Texte de Patrice Leroux alias Fenrir.

Voici trois articles de presse numérique en sus pour étayer le sujet teinté de déception :

https://www.lemonde.fr/international/article/2019/07/07/grece-la-droite-de-mitsotakis-largement-en-tete-devant-tsipras_5486584_

https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/07/09/la-zone-euro-enterre-les-promesses-de-campagne-de-m-mitsotakis_5487052_3234.html

https://www.marianne.net/monde/grece-le-poids-de-l-inquietude-dans-les-elections