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Les clowns tristes face aux clowns méchants

Damnation et sacrebleu!
Le Brexit semble bien confirmer sa «popularité» au Royaume-uni et cela vire de nouveau à l’hystérie collective sur les rives de la Tamise, les eurolâtres revanchards nous annonçaient pourtant le contraire, il y a encore peu…
Certes, la bonhommie croquignolesque du sycophante Nigel Farage n’est guère sympathique car il vocifère, éructe, sautille avec outrance et conchie toute l’Humanité mais il a effectivement de très nombreux partisans. Depuis son «exploit», le flot de colère patriotarde voire bouffie de xénophobie imbécile tourne une énième fois en pleine crue vaseuse et bouillonnante. L’acrobate grossier et outrageux gesticule à en sembler fou furieux avec son sourire large d’épouvantail carnassier.
Récemment, la Commission de Bruxelles, le masque bonnasse du haut patronat berlinois avec l’accord contrit de nos énarques terrifiés, a voulu humilier les Britanniques en ratiboisant les concessions en leur faveur lors des négociations concernant l’accord de séparation post-nuptiale – Ce futur arrangement (encore très hypothétique) fait d’ailleurs régulièrement exploser en charpie le sublime parlement de Westminster à la grande consternation de nos cousins d’Outre-manche.
En réalité, la «solidarité» hypocrite des continentaux contre l’exilé, traité en paria de façon inepte, n’existe que pour sauver un MACHIN institutionnel ; en contrepartie, on n’a pourtant pas eu l’habitude de voir autant d’intransigeance «humaniste et humanitaire» pour réveiller ledit rêve unioniste dans les cœurs et dans les âmes des concitoyens continentaux.
Mais l’Union européenne est elle vraiment l’Europe fédérale que nous souhaitions?

Quand la Grèce démocratique fut écrasée sans pitié par la botte monétaire qu’est l’euro de Frankfort, nous avons déjà pu assisté à ce genre d’«esprit unitaire». Ce n’est qu’une folie bureaucratique qui a paradoxalement détruit la fraternité apparente de la Communauté de l’Élise beethovénienne – Le vrai titre de l’hymne européen est d’ailleurs «Bagatelle en la mineur», ce qui, au bout du compte démagogique, s’est révélé bien plus adéquat et tristement prémonitoire au sujet du dégonflement de ladite baudruche idéologique – Cette dernière antienne n’était donc qu’un vain songe autant qu’un vœu pieux et creux sans assise populaire réelle ni conviction pratique.
Désormais, Tsipras est vu comme un lâche chez les contestataires du système germanocentré (dont nous sommes…) mais c’est peut-être le condamner bien vite car son beau pays a vu ses espoirs brisés après avoir eu un pistolet financier sur la tempe. En effet, le condamné au gibet n’avait qu’un triste choix à faire afin d’éviter la potence dressée par le «doux» bourreau Schaubble, secondé par ses lâches et serviles larbins français – D’ailleurs, le comptable mafieux de la CDU pangermaniste d’Helmut Kohl ne se gênait pas pour mépriser et pour ridiculiser nos «géniaux» énarques en public à Bruxelles ; Michel Sapin, le clone duplice de l’éternel conseiller général de Tulle, restait lâchement taiseux avec son sourire benêt de façade car il n’osait pas broncher face a l’ombrageux nationaliste teuton. En bon «socialiste» de Droite, le courage politique ne lui paraissait pas rentable sans doute…
Tel était le dilemme grec imposé sans pitié par la Troïka carnassière et par le prétendu couple franco-allemand :
Capituler ou mourir.

Tous les «amis sincères» du peuple hellène, dont notre ancien «président» ou plutôt notre vice-chancelier Nullande Prodotès (προδότης signifie naturellement traître en grec moderne, vous l’aurez deviné tout seuls…), ont en effet fait bloc comme un seul homme atteint de psychopathologie volontaire : Cette épidémie insensée est un mal étrange en ce cas car elle mêlait aveuglément un intégrisme ordolibéral généralisé et de «médiocrissimes» intérêts particuliers à l’oligarchie financière et à ses affidés petits-bourgeois.
Lors de leur prise en tenaille budgétaire, les Grecs se dirent injustement bafoués, ce qui était absolument vrai. Malgré cela, ils préférèrent largement une mort lente sous la veillée funèbre du saint-frusquin unitaire à une crise cardiaque brutale lors d’une sortie dudit machin communautaire. Ils voulurent donc rester et payèrent alors le sinistre prix du ReichsMark «partagé» au sein du piètre Zollverein.
Voilà une innovation stratégique et tactique absolument admirable que cet euro mal conçu par paresse gauloise!
Plus besoin d’armes létales pour tuer en masse, il suffit de bloquer illégalement l’accès bancaire à un pays membre de plein droit à la zone monétaire unifiée. Commune à nos «élites surdouées», l’incapacité chronique à agir avec honnêteté pour le bien de tous aura au moins réussi à créer cette nouveauté guerrière dans l’histoire de l’Humanité ; cette épouvantable forfaiture aura aussi prouvé que la monnaie est bel et bien un outil redoutable sans la moindre neutralité comptable – Cette idée subversive mais incontestable est cependant totalement contraire aux principes fixistes des libéraux orthodoxes qui en nient les effets délétères tout autant que bénéfiques sur les différents types d’échanges.
Par définition, le «Marchéisme» théorique et dominant ignore superbement cette question essentielle parce que, dans cette thèse minimaliste, l’aubert ne serait qu’un simple expédient numérique d’étalonnage pour éviter les difficultés pratiques du troc. Certes, l’aspect d’équivalence normative n’est pas faux en lui-même mais il est très loin d’être la seule caractéristique dudit pèze. Pourtant, ce présupposé de recherche bêtasse est l’unique refrain monocorde qu’on nous chante comme pensée économique indépassable!
Par contre pour les droits sociaux, l’écologie, les minorités opprimées, la désindustrialisation généralisée, la culture, l’indépendance face aux superpuissances, le protectionnisme certes raisonnable, l’harmonisation fiscale et pour tant d’autres choses souhaitées par les concitoyens du Vieux Continent, nous n’avons droit qu’à des pinaillages misérables, des dissensions minables et un attentisme atterrant.
Par égoïsme national autant qu’imbécile, chacun tire la nappe sur ses genoux lorsqu’il faut partager le repas de famille. Cependant, le bal ennuyeux et lugubre dure encore avec longueur car si la marquise décatie brûle à présent tout autant que son château en ruine, ses majordomes sans conscience ni remord regardent ailleurs sans qu’on sache trop pourquoi!
On n’annule pas un banquet sans victuaille pour si peu de chose…

Comment s’étonner que les Britanniques ne veuillent guère revenir patauger dans ladite nasse alors qu’ils bénéficiaient pourtant de tant de bouées de sauvetage au contraire de nous autres, les dindons de la farce communautaire.
Les habitants d’Albion savent parfaitement que les «brexiters» ont souvent raconté n’importe quoi pour assurer leur victoire à la Pyrrhus : Néanmoins, la marche arrière est certainement impossible et vraisemblablement réprouvée en majorité par les sujets de Sa Majesté.
À la suite, les enfants du roi Arthur auront certes beaucoup de problèmes avec des négociations alambiquées à n’en plus finir mais ils devront aussi subir un certain isolement malgré l’affinité évidente avec le «Grand Large» issu du Commonwealth et de l’alliance amerloque – Effectivement, tout cela pèsera lourd, sans oublier les coûts douaniers exorbitants pour importer même les produits de première nécessité… Nos voisins vivent sur une île, c’est autant leur faiblesse que leur force – L’isolation géographique protège aussi des invasions et des dominations étrangères en général. Les allemands se souviennent de leur échec cinglant à conquérir les terres britanniques au siècle dernier…
En malheureuses répercussions, les disputes dues aux blessures narcissiques perdureront encore longtemps de chaque côté de la Manche.
A contrario, nos cousins insulaires au caractère tumultueux et tempétueux vous répondront que c’est un aspect inhérent à la démocratie moderne dont leur cher pays est un des principaux berceaux. Ainsi, un vrai débat politique n’est pas juste une molle affaire de bonnes manières où tout le monde dit et vote toujours à peu près la même chose ; si jamais ce suivisme d’apparatchiks interchangeables se concrétise, c’est toujours à un prix terrible : celui d’un écroulement final des partis traditionnels qui dominaient la scène électorale jusqu’alors.
Se taire ou se répéter sans fin, c’est tuer la libre parole et donc mourir en l’esprit.
Par principe et par orgueil, les anciens maîtres déchus du plus grand empire de l’Histoire du monde, n’accepteront jamais de passer sous domination allemande pour gagner trois soles de rabais en échange – c’est vrai y compris pour les Écossais, ces cabochards qui font tourner les députés Tories et Labour en bourriques ridicules.
Avoir la réputation de marchands avides depuis des siècles n’implique pas qu’on vende toujours la corde pour qu’on vous pende avec – Les marxistes exagéraient un peu avec cette célèbre blague.
Pour édulcorer les fameux propos de Jean Yann, comme une vieille dame anglaise bien éduquée, «Chacun sa… gêne!». Jean Gabin disait de son côté égomaniaque «J’aime la liberté, surtout la mienne!» ; c’est exactement le même slogan que celui du parti UKIP, rebaptisé avec démagogie le Brexit Parti lors du dernier scrutin – Lequel fut organisé maladroitement dans l’urgence par les dirigeants anglo-saxons complètement déboussolés par des tergiversations aussi ressassées qu’abracadabrantes.

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Présentement, l’Europe n’est plus qu’un zombie géostratégique et institutionnel : elle est toujours vivante sur le plan légal mais son esprit admirable est bien mort. Les ogres Orban et Salvini sont ses fossoyeurs sans scrupule ni remord. Complices inconscients du crime, nos eurocrates professionnels ne font rien contre ces monstres de grossièreté méchante car ils préfèrent mordre les Grecs, trop naïfs en ce monde abject de petitesse et de bassesse.
En conséquence funeste, la bête immonde progresse lentement mais sûrement sur nos terres avec l’aide «involontaire» de ceux qui prétendent l’endiguer ; ces derniers bien couards ne lui donnent jamais tort en réalité puisqu’ils lui servent d’argument publicitaire – La réclame des camelots a pour fonction de nous abrutir en bons moutons de Panurge.
En Gaule, nous allons peut-être bientôt en payer aussi la facture blonde, même s’il est vrai que les matraques et les bottes envahissent déjà notre pays de cocagne trépassée sous le vain règne du nouveau Giscard – En pratique, le fascisme réel n’est pas confiné dans un seul parti repoussoir si «utile» pour le pouvoir actuel ; il rampe aussi dans les têtes orléanistes ou «chrétiennes-démocrates» des gestionnaires douteux qui détiennent cette même emprise sur tout l’ouest du Vieux Continent – À l’est, la «démocrature» est certes déjà plus claire au premier regard et bien sûr vite reconnaissable…
Police partout et justice nulle part, voilà notre destin!

Les belles illusions massivement partagées meurent toujours d’usure avec les décennies écoulées.
Ainsi, l’Humanité esquisse de beaux rêves collégiaux avec régularité puis les laissent virer en cauchemars mornes ou barbares, comme il en fut pareillement pour tant de grands ensembles régionaux dans le passé – Lesquels finirent dévoyés par rapport à l’universalisme proclamé à leur origine : Souvenons-nous de ces dominions trépassés que furent Rome, la Chrétienté, l’Empire musulman, la Chine médiévale, l’odieuse colonisation occidentale ou japonaise du monde entier par «mission civilisatrice» et enfin l’URSS – La présente liste est d’ailleurs très loin d’être exhaustive.
De même, nous sommes à notre piètre échelle, un peu complices de l’échec d’un projet européen qui parut si beau d’antan. En vérité, nous ne savons pas encore comment faire pour vivre tous ensemble, heureux et égaux puisque nous sommes toujours trop égoïstes et trop indifférents les uns aux autres.
De plus, la confiance aveugle ou même seulement indolente envers nos dirigeants imprévoyants ne nous y aide guère. Quand on donne un chèque en blanc en échange de belles paroles à des banquiers ou à leurs agents politiciens, ces vils marchands de mensonges, on se retrouvent fréquemment avec une toute autre écriture sur l’ordre de virement que ce qui était promis d’y être inscrit.
Décidément, les petits intérêts particuliers cumulés font bien les grandes misères collectives.

Et pourtant, nous ne cessons pas de rêver à la communion mondiale car l’espoir est nécessaire pour continuer à vivre. La haine du prochain et le suicide généralisé ne constituent ni une solution ni un projet…
Quel progressiste véritable refuserait de vivre dans cette république universaliste et communiste de science-fiction, la Fédération futuriste de Star Trek?
C’est là le rêve ultime d’union politique idéale et parfaite où tous les individus (quelques soient leur espèce, leur culture et leur caractère) vivent unis et solidaires en profitant avec plénitude de l’égalité, de la diversité, de la de laïcité, de la fraternité, de la coopération, de la découverte de nouveaux mondes, de la terraformation écologique des lunes mortes, de l’art omniprésent, de la recherche scientifique au profit de tous, de la philosophie, de la tolérance, de la modestie, sans oublier de beaucoup d’humour et tout cela bien loin de la menace des klingons racistes et guerriers, des romuliens capitalistes ou cupides et des odieux Borgs staliniens (donc sans personnalité) – Dans ladite série de fiction, les trois «peuples» ennemis et bien d’autres monstres (malgré eux) finissent d’ailleurs par rejoindre volontairement le régime humaniste et son éternel bonheur lors d’une parousie intergalactique absolument stupéfiante.
Même l’argent, ce maudit démon de frustration liée à la rareté (et par infortune encore indispensable en nos jours bien falots), y disparaîtra à terme par simple obsolescence pratique : cela se fera suite à l’invention du réplicateur d’objets et donc de l’avènement du règne de l’abondance à volonté. Mazette!
C’est dire si c’est bien de la science-fiction!

Pour l’instant, néanmoins, l’unification envisagée depuis des lustres voire des millénaires déraille de nouveau et on doit donc faire avec si l’on veut survivre un peu avant de pouvoir mieux la recommencer plus tard – Oui… espérons-le tout de même.
N’ajoutons pas de récrimination ni de vendetta aux difficultés présentes!
Souhaitons sans haine ni amertume «Bon voyage» à la jolie fiancée repartie à Douvres!
Un divorce sur le tard ne nécessite pas de s’entretuer pour des broutilles matérialistes comme dans la drolissime «Guerre des Rose(s)» écrite par Warren Adler et si délicieusement adaptée au cinéma par le génial Danny de Vito.
Nous nous reverrons bien tous un jour (ou plutôt nos arrières-petits-enfants…).
L’Histoire, malgré ses malheurs, n’est qu’un long cycle qui reprend sans cesse sa ronde, après tout.
Demain sera un autre jour.
Le soleil se lèvera encore.

Bye-Bye, en attendant de se revoir…

Voici 3 articles à propos du divorce européen sur Le Monde version net :

– Elections européennes 2019 : au Royaume-Uni, le triomphe du Parti du Brexit renforce les partisans d’une sortie de l’UE sans accord

– Royaume-Uni : le chef de la diplomatie britannique juge possible une renégociation du Brexit avec les Vingt-Sept

– Boris Johnson, toujours plus favori pour être le prochain premier ministre britannique

Patrice Leroux

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