Monsanto, la fabrique du doute


Les “Monsanto Papers” ont révélé comment le géant américain a fait rédiger en secret, par ses propres scientifiques, des études pour prouver que le glyphosate n’était pas dangereux. Monsanto, la firme américaine qui a inventé et commercialisé le Roundup, un herbicide qui contient du glyphosate, est dans le viseur de la justice. Des documents internes et confidentiels, les “Monsanto Papers”, révèlent comment la multinationale a créé le doute, prétendant que le glyphosate n’était pas dangereux en faisant rédiger en secret, par ses propres scientifiques, des études soi-disant indépendantes. La firme aurait convaincu d’éminents chercheurs de jouer pour elle les “ghostwriters”, ou écrivains fantômes, et de signer ces études. Une condamnation et une amende record. Ces documents accablants ont convaincu les juges lors d’un procès retentissant aux Etats-Unis. Pour la première fois, la justice américaine a considéré un herbicide comme la cause probable d’un cancer. En août 2018, elle a prononcé une condamnation et une amende record : plus de 250 millions de dollars. La firme, qui ne s’estime ni responsable ni coupable, a fait appel de sa condamnation. En attendant le jugement, elle devra payer au jardinier Dewayne Johnson une amende réduite à 78 millions de dollars. Depuis cette victoire judiciaire, l’homme qui a fait plier Monsanto fuit les médias. En phase terminale à 46 ans, il a décidé de sortir du silence, en exclusivité pour “Envoyé spécial”.

Une enquête de Tristan Waleckx, Guillaume Beaufils et Mikael Bozo pour Envoyé spécial.