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Témoignages : « Nous disons STOP aux placements abusifs d’enfants porteurs de handicap ! »

Dysfonctionnements et dérives de la protection de l’enfance : entretien avec deux femmes, mères d’enfants porteurs de handicap, se considérant victimes de placements abusifs.


En France, près de 300.000 enfants sont éloignés de leurs parents sur décision judiciaire. Parmi eux, certains sont atteints de handicap psychique dit invisible, notamment de trouble du spectre de l’autisme (TSA) ou de trouble de déficit de l’attention (TDAH), le comportement atypique de ces enfants pouvant ressembler au comportement des enfants maltraités.

D’après les témoignages recueillis par l’association “ TDAH partout pareil ”, une famille sur quatre où un enfant est atteint de trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité, rencontre des problèmes avec l’aide sociale à l’enfance. Ces dernières accusent les services sociaux de placements abusifs par manque de connaissances de ces handicaps.

En cette période de crise sanitaire et de confinement, ces parents s’indignent de ne plus pouvoir voir leurs enfants.

Mylène : « Quand l’Aide sociale à l’enfance (ASE) vous prend votre enfant c’est pour des années, vous ne pouvez plus rien faire ! »

Le 22 février 2019, son fils a été placé chez son père par les services sociaux. Malgré ses nombreuses sollicitations, Mylène n’a jamais eu de retour de la part de la juge des enfants. 

Constatant qu’elle n’est pas seule face à cette situation, Mylène a décidé de créer une association qui a pour objectif de venir en aide aux familles “déchirées” par les placements sans motif, et en formant les différents acteurs aux troubles du neurodéveloppement.

« Les diagnostics sont longs et difficiles à obtenir. Il faut savoir également que nombreux sont les psychiatres qui réfutent ces troubles et préfèrent parler de troubles anxieux », nous explique-t-elle. 

« Ces derniers sont formés à l’ancienne école de la psychanalyse Freudienne (relative aux théories du neurologue Sigmund Freud, NDLR), qui  a tendance à toujours rendre les parents responsables. Les mères isolées sont les cibles privilégiées des services sociaux, pour peu qu’elles ont un enfant porteur de trouble et c’est le début de la fin. Il s’agit pourtant d’handicaps reconnus par l’OMS, même si leur classification n’est pas encore assez claire », s’indigne-t-elle.

Son association est à l’origine de la pétition “Stop aux placements abusifs d’enfants porteurs de handicap (TDAH, TSA)” déjà signée par plus de 600 personnes.

placement abusif d'enfants
Image d’illustration / Pixabay

Elodie : « Nous avons fait hospitaliser notre fils, on n’a jamais pu le récupérer » 

Elodie a 27 ans, son fils de 3 ans est porteur de troubles du spectre de l’autisme, une déficience confirmée par le Centre de Ressource Autisme (CRA) et plusieurs psychiatres.

« La psychiatre nous a conseillé de le faire hospitaliser en cas d’épuisement trop intense. Nous n’étions pas d’accord mais, sans personne pour prendre le relais, j’ai dû faire la démarche fin septembre », explique la jeune femme.

Sept jours plus tard, les infirmières leur expliquent qu’elles ne remarquent pas de troubles chez leur fils. « La psychiatre nous avait pourtant expliqué que lorsqu’un enfant atteint de TSA se trouve dans un endroit structuré, les troubles sont moins présents. »

Convoqués par le CRA le 15 novembre, on leur explique qu’ils remettent le diagnostic en cause, « On nous annonce, qu’ils se sont peut-être trompés sur un constat qui leur paraissait au départ évident », témoigne Emilie.

Le 5 novembre, ils se retrouvent convoqués  devant le juge des enfants .« Ayant reçu la lettre recommandée 8 jours avant l’audience, il était trop tard pour prendre un avocat. »

Le verdict tombe : leur fils restera placé judiciairement, avec droit de visite d’une heure par semaine seulement. « Je dois me faire suivre psychologiquement car je pleure sans cesse face à cette injustice et m’en veux terriblement de l’avoir amené aux urgences. »

Qu’en pensent les travailleurs de la protection de l’enfance ?

Afin d’obtenir des explications, nous nous sommes rapprochés d’une éducatrice spécialisée, qui travaille au sein d’un établissement spécialisé dans l’accueil d’enfants confiés à l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE).

« Quand on voit ce genre de pétition [STOP aux placements abusifs, NDLR] il y a quand même des éléments tirés par les cheveux, elle parle d’ignorance des professionnels de la protection de l’enfance, or nous avons tous suivis une formation sur les troubles nommés », nous précise-t-elle. « Elle attaque également les juges qui se baseraient seulement sur le rapport de l’ASE, sauf qu’ils s’appuient aussi en grande partie sur les déclarations des avocats des parents et de la parole de l’enfant. »

Elle conclut : « Bien sûr, des erreurs sont commises, nous ne sommes pas des machines. Mais les professionnels du secteur tentent avant tout de protéger l’enfant.»


Par R.L pour Les Alternatifs

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