« Il faut supprimer l’objectif de « croissance » et abandonner le PIB comme indice de référence »

Billy Fernandez : « Nous proposons dans notre projet “Fondations” de supprimer l’objectif de « croissance » et d’abandonner le PIB comme indice de référence »

Afin de placer l’écologie au cœur du débat, nous avons posé les mêmes questions à différents candidat-e-s pour les élections européennes.

Billy Fernandez, investi sous la bannière d’Urgence Ecologie a accepté d’y répondre.

 

Les Alternatifs – Vous êtes candidat d’Urgence Ecologie pour les élections européennes, pouvez-vous nous présenter votre liste ?

Billy Fernandez – La liste Urgence Écologie est conduite par le philosophe et professeur Dominique Bourg, spécialiste des questions environnementales, ancien conseiller de Nicolas Hulot. Elle rassemble des citoyennes et des citoyens engagés pour la protection de la nature, le climat, le respect du vivant, la solidarité, des responsables associatifs et des élus de terrain dans les territoires ruraux ou urbains. Urgence Écologie est pour beaucoup d’entre nous notre premier engagement politique. La liste est notamment soutenue par Delphine Batho (ancienne Ministre de l’écologie), Marie-Pierre Bresson (adjointe au maire de Lille), Sébastien Nadot et Antoine Waechter (ancien candidat Vert à la présidentielle), avec les formations politiques Génération Ecologie, le Mouvement Ecologiste Indépendant, le Mouvement des Progressistes et l’Union des Démocrates et des Ecologistes. A nos yeux l’urgence écologique n’est pas une question partisane.

La raison d’être de la liste est fondée sur le constat de l’incapacité des forces politiques actuelles à apporter des réponses à l’accélération en cours du changement climatique et de l’effondrement du vivant. Les faits scientifiquement établis, notamment par le GIEC et l’IPBES, ne provoquent pas le sursaut attendu parce qu’ils appellent un changement radical, et désormais rapide, des choix économiques, sociaux et démocratiques, que les acteurs politiques traditionnels ne peuvent concevoir.

 

Qu’est-ce qui vous a poussé à vous engager ?

Je travaille sur les questions environnementales depuis une quinzaine d’années, dans le cadre universitaire puis associatif (France Nature Environnement). Ce que nous disent les scientifiques, c’est qu’on est sur une trajectoire d’effondrement des systèmes écologiques et climatiques, non pas pour les générations futures, mais pour les générations présentes. En matière climatique par exemple, si on veut espérer rester sous les 1,5°C et ainsi éviter les effets d’emballement catastrophiques que prévoient les modèles, ils faut réduire de 2/3 nos émissions nationales et européennes en 10 ans !

De même, on a perdu 60% des vertébrés terrestres et 80% des insectes en 40 ans, et 75 % des milieux terrestres sont “gravement altérés”. En fait, nous sommes dans un avion qui a perdu entre 60 et 80% de ses composants et qui continue à voler, mais on ne sait pas jusqu’à quand, d’autant qu’il rentre dans une zone de très graves turbulences climatiques. Nous explosons les limites planétaires. Prenant au sérieux ces constats, ce que font par exemple les jeunes qui manifestent, et voyant que rien ne bouge au niveau politique – comme l’a montré la démission de Nicolas Hulot, je ne pouvais plus rester inactif -ou presque- sur ces sujets. En tant qu’accompagnateur en montagne vivant dans le fond des Hautes Alpes (dans le massif du Queyras), je suis directement confronté à la baisse de la hauteur et de la durée de l’enneigement. La montagne n’est déja plus la même. Cet hiver par exemple, il a fallu complètement adapter nos sorties pour trouver de la neige. Face au risque d’effondrement et à ma situation personnelle plutôt confortable, je me suis senti obligé de quitter
provisoirement mes montagnes et de franchir le gué politique, pour participer à un mouvement, pour tenter quelque chose. Vu l’immensité des enjeux et des transformations à opérer, et au regard des délais très courts (quelques années), il me semble illusoire d’imaginer pouvoir se passer de l’outil politique pour résoudre l’équation des limites planétaire et de l’effondrement.
Même s’il est insuffisant, et qu’une multitude d’initiatives individuelles et micro-collectives très intéressantes essaiment sur les territoires, il faut aujourd’hui faire tache d’huile et changer les règles, par exemple à propos des pesticides. Pour cela, le politique, notamment au niveau national et européen, est incontournable. C’est ainsi que j’ai entendu Dominique Bourg (avec qui j’avais effectué un travail doctoral et en qui j’ai toute confiance) annoncer sur France Inter son engagement pour les européennes avec Delphine Batho, que je ne connaissais pas en dehors de son passage au Ministère de l’Ecologie. La lecture de son remarquable “Manifeste pour une écologie Intégrale” a achevé de me convaincre. J’ai donc pris la décision d’écourter ma saison hivernale et de monter à Paris aider sur la campagne, car nous ne sommes que des bénévoles.
Le rythme est soutenu mais j’y ai fait des rencontres humaines exceptionnelles, loin des profils carriéristes et des grands égos que l’on imagine retrouver dans le monde politique.

 

En matière d’environnement, quelles mesures de votre programme vous tiennent particulièrement à cœur ?

Il y a en a beaucoup. Nous proposons par exemple dans notre projet, “Fondations”, d’inscrire le respect des neuf limites planétaires dans les traités européens, de supprimer l’objectif de « croissance » et d’abandonner le PIB comme indice de référence. Conserver une planète habitable doit logiquement primer sur toute autre considération et donc devenir la norme juridique supérieure. C’est la charpente de notre projet. L’Europe ne peut plus continuer à se fixer des objectifs non contraignants en matière de climat ou de biodiversité, et dans le même temps ériger la croissance et l’expansion du commerce international comme horizon politique
essentiel, tout en continuant à financer la destruction. Nous devons mettre un coup d’arrêt immédiat aux massacres de la biodiversité et des terres fertiles (Montagne d’or, GCO, Lyon-Turin, Europacity, Roybon…) notamment en stoppant immédiatement tout soutien public.

 

Parmi les mesures-phares, nous proposons également une Politique Agroécologique Commune 100% bio à partir de 2021, qui programme la fin des aides publiques à l’agriculture industrielle chimique et organise la conversion intégrale à l’agro-écologie biologique en trois ans. En 2024, plus un centime d’argent public ne financera l’agriculture chimique industrielle. La totalité des aides agricoles permettrons aux paysans de vivre dignement en produisant une alimentation locale de qualité, tout en préservant la biodiversité et les paysages.

En parallèle, nous interdiront immédiatement tous les pesticides et produits chimiques cancérogènes, mutagènes, reprotoxiques et les perturbateurs endocriniens, ainsi que des additifs et adjuvants alimentaires et les cosmétiques dont la dangerosité est prouvée.

Nous devons arrêter de nous empoisonner et d’empoisonner nos enfants.

Nous proposons également l’abolition de la pêche et de l’élevage industriel, ce dernier étant une catastrophe tant sur le plan environnemental et sanitaire, que sur celui du bien être animal.

Sur tous ces sujets évidement, nous allons rencontrer d’intenses résistances, notamment de la part d’acteurs économiques. C’est pourquoi nous souhaitons proclamer la séparation de l’Europe et des lobbys grâce à des mesures d’urgence démocratique de protection de l’intérêt général contre toute ingérence des intérêts privés et contre la corruption.

En matière énergétique, nous insistons en priorité sur la sobriété et l’efficacité énergétique, sur les innovations sociales et les low tech plus que sur les innovations techniques, car la technologie et les énergies renouvelables ne pourront résoudre tous les problèmes par substitution, et encore moins par magie. Il faut un effort, comparable à un effort de guerre, pour financer la décroissance énergétique, la sortie des énergies fossiles et la régénération de la nature. Pour cela, nous proposons d’une part de sortir les investissements écologiques du calcul des déficits et de la règle des 3%, et d’autre part de jouer sur la réaffectation des crédits jusqu’ici dévolus au projets destructeurs. Nous proposons par exemple des investissements d’urgence dans le ferroviaire financés par l’abandon du Lyon-Turin. Ce projet inutile et nuisible permettrait de gagner une heure entre Paris et Milan pour la modique somme de 26 milliards d’euros, tout en altérant gravement espaces naturels et ressource en eau, alors que la ligne existante pourrait absorber la quasi totalité du trafic des camions des tunnels du Mont Blanc et du Fréjus réunis. En attendant, les trains du quotidien se dégradent, quand il ne sont pas simplement sabotés par le sous-investissement.

Enfin, nous voulons que l’Europe rentre en résilience. En effet, malgré tous les efforts qu’il nous faut impérativement déployer pour éviter le franchissement des points de basculement dans les
systèmes écologiques et climatiques, nous savons que le monde de demain sera très différent d’aujourd’hui. D’une part, car l’inertie de ces systèmes fait qu’un certain nombre de conséquences sont déjà « dans les tuyaux », notamment en matière climatique. D’autre part car nous savons que nous allons bientôt être confrontés à une pénurie de ressources qui a déjà débutée (terres rares, énergie bon marché, eau etc). Enfin, parce que pour éviter un effondrement systémique global par franchissement des seuils écologiques et climatiques (limites planétaires), il nous faut provoquer une telle décroissance des flux de matière, d’énergie et de la destruction des espaces naturels, que cet « atterrissage » implique en réalité une forme d’effondrement de la société de croissance thermo-industrielle. Il est impératif que ce retour sur Terre fondé sur la résilience et l’autonomie des territoires soit amorti au maximum, c’est pourquoi nous portons le projet de sécurité sociale écologique, pour permettre la reconversion écologique de tous les travailleurs dont les activités vont être transformées. C’est la condition de la promesse d’un bien être à venir fondé sur la réduction des inégalités écologiques et la sortie de l’hyperconsommation, vers de nouveaux modes de vie plus épanouissants.

 

Quel est votre avis sur les marches pour le climat qui s’organisent en France et un peu partout dans le monde ?

L’aveuglement et l’inconséquence de la plupart des responsables économiques et politiques sur le sujet de l’urgence écologique a quelque chose de criminel. Soit ils n’ont pas compris ce qui est en train de se passer, soit leur cynisme n’a pas de limite. Nous ne parlons pas de choses abstraites. Nous parlons de conflits, nous parlons de graves menaces sur l’approvisionnement alimentaire mondial comme le soulignait récemment la FAO au sujet de l’effondrement des populations d’insectes, nous parlons de menaces sur la santé humaine (extention des maladies à facteurs vectoriel, canicules, incendies, cyclones etc). Quand l’ONU évoque 1 milliard de réfugiés climatiques en 2050, quelles vont être les conséquences sur la situation géopolitique du monde ?

Heureusement, un nombre croissant de citoyens a désormais compris le problème. Et heureusement, ils ont décidé de se mobiliser. Il est assez significatif qu’une jeune fille de 16 ans ans soit à l’origine de ces marches mondiales pour le climat. Elle est le miroir de notre inconséquence. Ces marches pour le climat constituent une formidable esquisse de ce que devrait être une véritable mobilisation pour conserver une planète habitable, pour nous autres humains, et au passage pour les quelques huit millions d’espèces -dont 7 sont déjà en voie d’extinction- qui ont eu la mauvaise idée d’être nos contemporains sur ce petit bout de cailloux,
un peu miraculeux quand même, perdu au milieu de l’univers…

Elles ont donc l’immense mérite d’exister, et il faut en remercier les organisateurs -dont certains sont des amis ou d’anciens collègues-, mais on voit bien qu’elles se révèlent aujourd’hui largement insuffisantes. Il faut d’une part d’autre formes de mobilisations fondées davantage sur la désobéissance civile -j’ai par exemple participé à l’action “Bloquons la République des Pollueurs” à la Défense et à des rassemblements d’Extinction Rebellion et d’autres part, il faut à mon avis, de manière complémentaire, un relai politique pour ces mouvements citoyens . C’est aussi l’ambition que nous portons.

 

Selon vous, comment lier la justice sociale et l’urgence climatique ?

La richesse est aujourd’hui corrélée à l’empreinte écologique, c’est à dire au pouvoir de destruction de la nature. Réduire les inégalités écologiques revient ainsi à réduire les inégalités sociales, et vice versa. Qui aujourd’hui habite face au périphérique, ou à coté des zones industrielles les plus polluantes comme Fos sur mer, avec des taux de cancer bien supérieures à la moyenne ? Qui vit dans les logement insalubres en précarité énergétique ? Qui est ouvrier agricole exposé aux pesticides dans les parcelles d’agriculture industrielle chimique ? La pollution de l’air tue 67 000 personnes par an en France. C’est vingt fois le nombre de morts sur les routes, plus que le tabac et plus que l’alcool. Une des premières inégalités, c’est celle de
l’espérance de vie. En réduisant la pollution, on réduit aussi cette inégalité.

Néanmoins, il faut évidement réduire en parallèle directement les inégalités économiques, c’est pourquoi nous proposons l’instauration d’un impôt de solidarité écologique sur la fortune, qui soit intégralement fléché vers l’accompagnement écologique des plus fragiles (rénovation thermique des logements, accès à l’alimentation biologique etc).

Par ailleurs, si la fiscalité écologique est un outil important, à commencer par la nécessaire internationalisation des externalités négatives (principe pollueur-payeur qui implique par exemple que le bio devrait arriver moins cher sur le marché que le conventionnel), elle ne doit pas être la seule réponse. En effet, par une simple taxation environnementale des produits sans réduction significative des inégalités, cela revient offrir un droit à polluer aux plus riches, au seul motif qu’ils en ont les moyens. Ce n’est pas acceptable. Lorsqu’un produit est toxique ou qu’une activité est manifestement incompatible avec le respect des limites planétaires, on ne s’en tient pas à une taxe. On l’interdit, purement et simplement. C’est notre approche par exemple sur les pesticides, mais aussi sur les lignes aériennes pour lesquelles il existe une alternative par le
train (45 fois moins émetteur) en moins de 5h.

Il nous faut converger vers des modes de vie garantissant nos besoins et droits fondamentaux, mais globalement plus sobres matériellement, moins pollués par la persuasion publicitaire et l’hypeconsommation. Nos vies peuvent être plus riches, car nous sommes aussi des gourmets, des musiciens, des sportifs de nature, des jardiniers, des voyageurs à vélo, des lecteurs, des poètes, des citoyens, des naturalistes etc. Une vie épanouissante respectant les limites planétaire est possible, c’est à nous de l’inventer, et d’ailleurs beaucoup nous le prouvent déjà aujourd’hui, par exemple avec les mouvements de simplicité volontaire.

 

Comment vous positionnez-vous face à la liste d’Europe Ecologie – Les verts ?

Beaucoup de membres d’EELV sont des amis, y compris à titre personnel. Si nous sommes élus, nos deux formations politiques siègeront d’ailleurs dans le même groupe au parlement européen. De nombreux élus locaux font un travail remarquable, et nous devons rendre hommage à l’engagement très ancien de beaucoup de militants, à l’époque où parler d’écologie n’était pas aussi facile qu’aujourd’hui.

Néanmoins, il est vrai que nous avons un certain nombre de points de divergence. Sur le constat d’abord. EELV se refuse à poser le diagnostic d’une trajectoire d’effondrement de notre civilisation, y compris pour les générations présentes. Ils refusent d’affirmer explicitement que la croissance, qui ne contribue plus ni à diminuer le chômage, ni à réduire les inégalités, est aujourd’hui devenu l’indice de destruction de la nature. Il faut rappeler que l’on a jamais réussi à découpler croissance du PIB et croissance de l’empreinte écologique, malgré 30 ans de “développement durable”.

De même sur l’urgence, le terme de transition laisse entendre qu’on a du temps. On parle d’objectifs à 20 ou 30 ans. Mais le GIEC nous dit qu’on a 10 ans pour réduire de 2/3 nos émissions si l’on veut éviter une catastrophe climatique majeure. Est-ce que l’on se rend compte de ce que cela signifie concrètement ? Sans transformer radicalement notre société et notre économie, cela signifie par exemple réduire de 2/3 notre PIB en 10ans. Qui vote pour ? De même, l’effondrement de la biodiversité a lui déjà commencé, et l’IPBES nous dit que “diverses preuves indépendantes signalent une accélération rapide imminente du taux d’extinction des
espèces […] même si les facteurs [de cette extinction] ne s’intensifient pas ». C’est donc immédiatement qu’il faut agir, on ne peut adhérer par exemple à la proposition de sortir des pesticides dans 15 ans. Il faut des mesures radicales à très court terme, même si elles peuvent sembler irréalistes, parce que la réalité est radicale.

Autre point important, EELV se focalise beaucoup sur le climat (Cf leur slogan de campagne) et sur les solutions financières. Or le problème de la biodiversité est aujourd’hui probablement plus grave que
celui du climat, car ce sont des constats et pas seulement des scénarios pour le futur. Mais la biodiversité n’a pas d’abord besoin d’argent. Que peut une banque pour sauver la nature, à part lui donner un prix en la transformant en “services écosystémiques” ? La nature n’a pas besoin de nous.

Moins on la transforme et mieux elle se porte. Cela a marché pendant quelques millions d’années…
Plutôt que des milliards (qui sont effectivement nécessaires en matière énergétique), c’est surtout du droit dont on a d’abord besoin pour protéger la nature contre le béton et le poison.

Surtout, imaginer résoudre l’équation climatique au détriment de la biodiversité n’a aucun sens. Il faut
raisonner sur l’ensemble des limites planétaires. C’est pourquoi nous sommes opposés à toute implantation de parc photovoltaique au sol en espace naturel, agricole ou forestiers. Nous avons un gisement sur les toitures (hors parkings) chiffré par l’ADEME à l’équivalent de 50 fois la puissance photovoltaique déjà installée en France. Pourquoi diable vouloir artificialiser encore de nouveaux espaces ? Or on retrouve sur la liste EELV le Président de Valorem, une entreprise qui installe notamment des parc photovoltaiques de plusieurs dizaines d’hectares (exemple du parc de Mezos, 69 ha en aquitaine) sur des forêts ou des espaces naturels où se reproduisent des espèces protégées. De la même manière, comment comprendre qu’une des actions les plus déterminées de José Bové comme député européen (pour qui j’ai beaucoup de respect par ailleurs) ait été de demander le déclassement du loup comme espèce protégée?

Enfin, il est regrettable de constater que tant de cadres d’EELV (François De rugy, Pascal Canfin, Daniel Cohn Bendit etc) ont rejoint LREM, et ce alors que le bilan environnemental d’Emmanuel Macron est désastreux. Pourtant, s’il y a un constat simple à tirer de ces dernières années en matière d’écologie, c’est qu’un Ministre de l’écologie, aussi compétent et populaire soit-il, est condamné à perdre a peu près tout ses arbitrages si l’écologie n’est pas à Matignon et/ou à l’Elysée. C’est pourquoi l’écologie ne peut plus être la troisième roue du carrosse, dans le cadre d’accord électoraux avec la gauche ou la droite productiviste. Elle doit devenir une force indépendante, au risque de perdre, tout perdre.

 

Les Alternatifs – propos recueillis par la rédaction