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Prix de la mise en Seine : « Pour une écologie en béton »

Cette chronique porte sur le laxisme coupable vis vis-à-vis de la pollution par déversement de ciment par Lafarge dans la Seine, et cela depuis des décennies et de la désinvolture avec laquelle a été suivi le dossier par les pouvoirs publics, locaux et nationaux.


Chirac avait promis de s’y baigner jadis ;

Mais la Seine charriait les immondices des mécènes

Qui subventionnaient son écologie duplice.

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Depuis, le fleuve a connu tant d’autres peines.

Les édiles ont changé de nom et d’avis ;

En mairie, les régimes passent, la cuisine demeure.

De mauvaise eau, la tambouille donne le tournis.

Faut-il rendre la monnaie suite à la grand-peur ?

Les taxes perçues valent bien que l’onde s’endurcisse :

Nulle enquête ne devait assécher le Pactole,

Rivière où Midas puis Crésus trempaient leurs cuisses.

Les fesses du patronat rendent la police bien molle.

L’or gris justifie tout profit luisant de crasse.

Personne n’avait remarqué l’odieuse boue séquane :

À croire que l’indulgence aveugle tirait la chasse

Des eaux usées par d’inutiles inspections.

C’est que l’entreprise est religion naturelle

Quand le réseau hydrique mérite peu d’action.

Peu importe que la salissure souillât tout.

En industrie, les petits ruisseaux font grande boue.

Les maires futurs pataugeront dans les égouts.

Compte rendu de la situation, rapide, sans lendemain et en vile prose : suite aux révélations inopportunes, il est totalement superflu pour la municipalité de Paris d’investir plus longuement dans l’inspection de la qualité des eaux. À raison pitoyable, la chose est inutile quand un grand cimentier, et par ailleurs grand argentier désintéressé du système politique dans son ensemble, baigne sa poudre grisâtre à même l’onde de la Seine.

Ainsi, le sirop obtenu donne à la boisson des parisiens plus de saveur et surtout beaucoup plus de substance.

Avalez, c’est du marbre !

Soyez influents et vous pourrez déféquer dans la baignade commune sans qu’on vienne jamais vous le reprocher ; certains des autres nageurs vous diront même merci, puisque la magie politicienne transmutera vos étrons en or.

Depuis des lustres, cela vaut pour la délicate capitale de notre pays, réputée pour ses luxueux produits de soins et tant de parfums ; il en est sans doute de même pour les autres cités de Gaule, bien moins dotées en aide publique pour veiller à l’entretien minimal du bien-être sanitaire. La santé publique, c’est du solide…

Septique en sa matière, l’onguent immonde rend l’administration concernée tout aussi sceptique à envisager quelques sanctions contre les insoucieux responsables…

Épuisante à vérifier autant qu’à s’en soucier, l’écologie coûte trop cher pour qui compte en tirer profit au lieu de la maintenir :

Chez Lafarge et compagnie, en mairie parigote ou à Bercy toute proche du forfait, on fait donc comme si on avait toujours ignoré la chose répugnante ; laquelle n’existe donc plus, puisqu’elle n’est ni vue ni connue ; l’art du déni intéressé produit des miracles de prestidigitation sanitaire, propices à la croissance économique de nos miasmes.

Quand la vérité environnementale émerge enfin des tréfonds bourbeux et se révèle toute nue, sa peau est devenue toute crasseuse ; un bien vil maquillage l’enrobe après avoir baigné dans l’onde infâme durant des décennies d’indifférence volontaire. Pourtant, la critique publique des toilettes outrageuses a des effets notables : les bains de boue constituent le dernier chic à la mode et valent un vrai trésor en dépenses.

« Fontaine cimentière, je ne boirai pas de ton eau » : c’est vraiment le cas de le dire ici parce qu’elle pétrifie aussi sûrement que le lac Natron.

À Paris, seules les statues de sel peuvent se permettre une trempette entre les berges ; elles en tirent une solidité plus assurée sans jamais s’y dissoudre…

Sous le regard cupide des dirigeants de Lafarge, l’eau de la Seine s’immobilise comme devant celui de l’hypnotique Méduse. Assurément, Paris est une cité emplie de vieilles pierres… jusque dans son fleuve. Désormais, rassurée, la pègre locale n’aura plus besoin de sceller les membres de ses victimes dans un parpaing de ciment, puisque les jeter fissa dans l’eau suffit amplement à la chose fatale.

Question travaux : autant d’économies de faites en perspective…

Amis de Lutèce, la frivole en conscience : Fermez donc votre robinet avant que l’étrange calcaire de l’eau ne l’obstrue à jamais.

« Le meilleur ciment d’un peuple est la bêtise de ceux qui en font partie. »

Louis Scutenaire.

Une nouvelle ahurissante à vous changer en pierre et à lire sobrement sur Le Monde en sa version numérique :

« Le cimentier Lafarge soupçonné de rejets sauvages dans la Seine à Paris. Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour « déversement, jet ou abandon de substances nuisibles ». « Le Monde » a eu accès au procès-verbal d’infraction. »

https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/09/01/le-cimentier-lafarge-soupconne-de-rejets-sauvages-dans-la-seine-a-paris_6050623_3244.html

Par Patrice Leroux

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